Résultats de l’enquête ARAMIS 2 sur l’alcool en soirée chez les adolescents et les jeunes majeurs

Résultats de l’enquête ARAMIS 2 sur l’alcool en soirée chez les adolescents et les jeunes majeurs

Rédigé le 24/06/2022

L'enquête, financée par le Fonds de lutte contre les addictions, a été coordonnée par l’OFDT avec le concours de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep) et de l’Université Paris-Cité. Au total, 133 enquêtés ont été interrogés entre 2020 et 2021, parmi lesquels des adolescents (15 à 18 ans), des jeunes adultes (jusqu’à 23 ans inclus) et des parents de mineurs (15 à 17 ans) sur la gestion et le contrôle des consommations dans les moments propices à l’alcoolisation tels que les soirées.

Les soirées constituent un moment de sociabilité déterminant dans le passage de l’adolescence à l’âge adulte, renforçant les groupes amicaux et les frontières sociales qui les distinguent. Mobilité spatiale, capital économique, image sociale : les différents types de soirées et modes d’usage de l’alcool sont déterminés par son appartenance sociale. La grande accessibilité de l’alcool, par l’achat ou par le don et le partage, et les quantités et la fréquence d’alcoolisation restent cependant homogènes chez les enquêtés aux appartenances sociales diverses.

Si les risques sanitaires de long terme associés à l’alcool sont encore largement méconnus, les risques immédiats font l’objet de régulations individuelles et collectives très codifiées.  Elles s’élaborent collectivement puisque les jeunes agissent solidairement et se répartissent différents rôles : s’approvisionner en alcool, le servir, veiller sur les autres, endosser la figure du « Sam », de « la maman » ou encore du « garde du corps ». Chez les filles, ces stratégies de contrôle sont particulièrement stéréotypées. Exposées au risque d’être considérées comme des « filles faciles » ou « immatures », elles doivent se conformer aux attentes sociales définies par l’ordre du genre et font l’objet d’impératifs contradictoires de la part des garçons qui les jugent et les incitent en même temps à consommer de l’alcool. Leurs réponses aux risques d’abus, d’agressions ou d’image dégradée s’organisent autour de stratégies de contrôle à la fois en amont des contextes d’usage et pour rentrer des soirées.

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